Dans l'univers des valeurs, l'universel est la dimension première et fondamentale. C'est ainsi que, par exemple, dans le règne du droit, Ulpien - le théoricien du droit romain - nous dit que le droit fait appel à la justice, car l'idée de la justice est, par principe, le fondement même de tout ordre juridique. Dans le cas de la monnaie (de nomos, droit), qui est une mesure particulière (nationale), la dimension fondamentale se situe aussi du côté de son universalité. L'or, nous rappelle Aristote, apparait comme mesure universelle avec le marché à longue distance. Car l'or est, parce que universellement apprécie, la valeur d'échange objectivée. Ainsi, les communautés particulières (les nations) s'alignaient - dans le passé historique - à l'universel en frappant les métaux précieux et, plus tard, en émettant du papier certifié or et certifié argent. Mais, dans la mesure où la monnaie c'est du droit objectivé, les nations peuvent - lorsque la nécessité s'impose - produire du papier monnaie. Ce fut le cas des assignats, lors de la Révolution française. Le papier monnaie devient ainsi une monnaie légale, dans une société donnée. Bien évidemment, le problème que pose cette monnaie est le fait qu'elle peut être émise, pour ainsi dire, d'une manière illimité. De là, la tendance inflationniste propre à ce système. Dans le système de l'étalon-or universel, le papier c'est du crédit circulant et sa dimension quantitative dépend du niveau des réserves métalliques et, donc, de la balance extérieure de chaque pays. Ainsi, suivant cette logique, le marché international est régulé par l'or monétaire. De sorte que les pays excédentaires fonctionnent en libre échange, tandis que les pays déficitaires doivent pratiquer le protectionnisme.- Par conséquent, le papier-monnaie (la monnaie nationale) est un simple ersatz des certificats or et des certificats argent, comme nous le rappelle Charles Rist. L'étalon-or universel est, dès lors, l'amarre qui lie le système monétaire national au système monétaire international.