Tous les étudiants d'économie savent que Keynes voulait créer un ordre monétaire international fondé sur le bancor, sur un panier de matières premières. Il était, donc, contre la "relique barbare": le métal jaune. Or, le problème est que la monnaie est non seulement un moyen terme de l'échange et un instrument de mesure, mais aussi un instrument de réserve, comme l'avait souligné Aristote. De là que mettre, par exemple, du pétrole , plus du blé, etc., etc., n'est pas en soi pratiquable, pour les besoins du marché. Il faudrait une institution internationale capable de donner la valeur du référentiel; laquelle valeur devrait être, selon Keynes lui-même, libellée en or. De là le terme de bancor. On chasse la nature et elle revient au galop, comme on le dit si bien. Car, il ne faut pas oublier que les métaux précieux sont des matières premières - des produits de la nature -, capables non seulement de jouer les différentes fonctions de la monnaie, mais aussi une mesure nationale: un bien public. En effet, la monnaie est du droit objectivé et implique nécessairement l'existence d'une puissance publique.